Une année de plus s'achève. Les pages de mon livre défilent. Le temps passe, les souvenirs s'accroit mais la douleur reste. L'impression durable d'un monde qui s'écroule sous mes pieds, d'une existence rythmée par les déceptions et d'attentes utopiques, une utilité réduite au néant. J'ai peine à croire que tout soit déjà terminé. Cette peur que tout s'efface encore et qu'il ne faille tout reconstruire, malgré le nombre conséquent de promesses auxquelles j'ai du mal à croire désormais. Ces angoisses pétrifiantes refont surface, et cet isolement temporaire m'effraie. La crainte que cette drogue pesante ne refasse surface et ne m'emporte définitivement. Son pouvoir de destruction persiste en moi, comme un moyen de se sentir bien, mais qui au final, n'est que tout l'inverse. Les choses anodines de la vie si simples, vitales me paraissent d'une complicité indéchiffrable. On ne sais ni pourquoi, ni comment elle arrive. On sait juste qu'elle persiste et ne se lasse pas de te démolir jour après jour durant chaque souffle expiré. L'incompréhension des autres et de sois même, un quotidien qui devient trop dur à accepter, aucune sortie existante. Emmène moi si bon te semble, de toute manière je n'ai plus grand chose à faire ici.